Le Science Symposium Energies Intelligentes raconté par Winnie Nzahou Ottou

Le symposium scientifique de BASF sur les Energies Intelligentes pour un futur durable auquel j’ai eu l’opportunité de participer fût une expérience enrichissante, motivante et excitante.

Enrichissante car, en tant que chimiste, c’est toujours avec intérêt que j’assiste à des conférences ayant pour thème principal la chimie. Ce symposium de BASF a parfaitement rempli ce critère car la chimie y a été abordée sous ses formes diverses à savoir chimie organique et inorganique, chimie du solide, électrochimie, catalyse, formulation etc.

La question majeure de ce symposium était : comment peut-on améliorer la production, le stockage et le transport de l’énergie grâce à la chimie ? Quel rôle joue le chimiste dans le développement de nouvelles énergies plus propres ? Il est vrai que dans la société, il est difficile de bien cerner le rôle du chimiste. Une question que l’on m’a souvent posée : À quoi sert la chimie ?

Que font vraiment les chimistes ? Au cours de sa conférence à Ludwigshafen, Georges Whitesides, professeur de chimie à l’université de Harvard a suggéré une réponse : « We change the way you live and die ». Cette réponse est très exacte ! En tant que chimistes, nous participons à l’amélioration de la vie en proposant des solutions toujours plus innovantes, et qui conduisent à la conception de produits toujours plus compétitifs. Les chimistes savent créer de la matière mais leur challenge actuel est de le faire en réduisant l’impact environnemental. Toutes les conférences présentées au cours du symposium s’inscrivaient donc cette logique, et c’est ce qui rendait cet événement formidable.

Excitante pour la richesse des solutions proposées face à une demande toujours croissante d’énergie à travers le monde. Générer toujours plus d’énergie est primordial étant donné l’évolution prévue de la population mondiale (environ 9 milliards d’habitants en 2050) et l’émergence de plusieurs pays. Mais produire une énergie « propre » qui limite les conséquences environnementales (réchauffement climatique, pollution, etc.), cela reste un challenge. Sur ce point, Steven Chu, professeur de physique à l’université de Stanford et prix Nobel de physique en 1997 ainsi que d’autres chercheurs présents, ont insisté sur le fait qu’il n’y a pas de solution unique aux changements climatiques. Les solutions sont diverses et interdisciplinaires. L’exploitation d’énergies renouvelables telles que l’énergie solaire et la biomasse est une solution très prometteuse. Dans cette optique, plusieurs solutions ont été proposés pour l’amélioration du stockage d’énergie notamment dans le développement de nouveaux types de batteries, de nanotubes semi-conducteurs, de panneaux solaires inorganiques ou de nouveaux procédés électrochimiques entre autres.

Motivante car développer des énergies intelligentes pour le futur est une tâche immense mais pas impossible, il faut juste s’y mettre. Les solutions nécessitent une mise en commun de différentes compétences mais surtout de personnes motivées pour s’investir dans un tel challenge. De plus, plusieurs chercheurs universitaires ont présenté des projets de recherche en cours au sein de leurs laboratoires et financés par BASF. Cela démontre que les industriels investissent pour étudier concrètement les propositions conduisant à une chimie plus verte. Tout au long du symposium, l’interaction entre le monde académique et le monde industriel a d’ailleurs été un focus important. En tant que jeune chercheur, c’est très motivant et encourageant de savoir que la recherche de demain s’inscrit dans un objectif d’amélioration des conditions de vie tout en respectant l’environnement.

En somme, le symposium scientifique de BASF a atteint son objectif de réunir des chercheurs pour étudier et discuter des solutions pour répondre aux enjeux des énergies du futur. Malheureusement, il est clair que deux jours c’est un peu court pour échanger en profondeur et permettre à chacun de donner son point de vue. En tant que jeune scientifique, le flot d’informations a été dense et parfois je me suis sentie un peu perdue dans une foule d’éminents scientifiques. Une proposition d’amélioration pour les évènements à venir serait de faire plus interagir des jeunes scientifiques (étudiants, post-docs ou scientifiques en début de carrière) comme animateurs orientant les discussions des scientifiques ayant une plus longue expérience. Néanmoins, ce fût une excellente opportunité de participer à cet échange d’idées et il m’appartient de trier et classer toutes ces informations pour m’en resservir dans ma carrière à venir.

Winnie NZAHOU OTTOU

Docteur en chimie des polymères

Pour plus de photos, rendez-vous ici : https://www.flickr.com/photos/basf/sets/72157650796313797/

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  • Merci beaucoup Winnie pour ces commentaiers très intéressants! c'est très agréable de rencontrer des jeunes aussi dynamiques, motivés et curieux!