La chimie peut-elle sauver les villes de la planète ? Science Symposium « Vie en ville » : Deuxième Jour

christian.madera

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Avec des applications importantes dans des domaines tels que les plastiques écologiques et biocompatibles, les matériaux avancés de construction, l'éclairage faible consommation ou les progrès en matière de génération et de stockage d’énergie, la recherche en chimie et en science des matériaux pourrait jouer un rôle majeur pour repenser les zones urbaines et en faire des lieux plus respectueux de l’environnement et plus vivables.

Le Science Symposium de BASF sur la vie en ville s’est clôturé mercredi 11 Novembre, après deux jours de présentations et de sessions sur les innovations en science des matériaux et en chimie.

Le Professeur Jean-Marie Lehn, prix Nobel de chimie et pionnier de la chimie supramoléculaire, a ouvert la deuxième journée. Contrairement à la chimie moléculaire traditionnelle, la chimie supramoléculaire traite des interactions entre molécules non liées par des électrons communs. C'est une discipline très prometteuse pour le développement de matériaux dynamiques à la fois plus flexibles et plus solides.

Le Professeur Lehn a souligné comment les fondamentaux du mode de vie urbain - air, eau, logement, alimentation et habillement, transport - étaient tous fortement dépendants de la chimie, et comment ce nouveau domaine de recherche, s’inspirant du biologique et des systèmes vivants, transformait la chimie, d'une science des structures, en une science des informations capable de donner naissance à de nouveaux matériaux programmés pour s'auto-assembler et s'adapter.

Citant les plastiques parmi les plus grandes innovations du 20ème siècle, Tadahisa Iwata, de l'Université de Tokyo, a présenté sa vision pour les futurs polymères écologiques. Pour lui, le défi consiste à créer des bioplastiques biodégradables, aux performances égales ou supérieures aux polymères conventionnels issus de ressources fossiles, mais nécessitant moins d’énergie pour la production, émettant moins de gaz à effet de serre et pouvant facilement être compostés par des micro-organismes. Il a souligné des percées potentielles dans le domaine des polymères microbiens haute performance pour des applications à haute résistance, telles que les lignes de pêche, ou encore des polysaccharides pour les applications biocompatibles dans la santé. 

Le Professeur Bert Meijer de l’Université Technique d’Eindhoven a suivi les propos du professeur Lehn lors de la conférence matinale en mettant en avant le potentiel des matériaux et systèmes supramoléculaires fonctionnels. Soulignant que la force de la chimie, en tant que discipline, réside dans sa capacité à synthétiser de nouveaux matériaux, il a fait part de nouvelles recherches ciblées sur la création de polymères à faible liaison mais conservant pourtant leur solidité - un concept qui pourrait engendrer des plastiques plus facilement recyclables et réutilisables.

Venu de Corée, le Professeur Koochon Char a vanté la capacité de la chimie à répondre aux besoins d’une urbanisation plus durable, pointant divers viviers d'innovations - des matériaux de construction durables et des véhicules électroniques à l'agriculture urbaine en passant par la valorisation des déchets. Il a fait part de nouvelles découvertes concernant des LEDs économes et de meilleure qualité qui pourraient faire de l'agriculture durable en intérieur une réalité dans les villes, tout en améliorant la performance des affichages numériques.

L’une des sessions scientifiques de l’après-midi a mis l’accent sur les possibilités de collaboration entre architectes et chimistes pour construire des bâtiments plus durables et plus abordables. Dans le même temps, lors d’une session parallèle, des scientifiques des matériaux travaillant sur de nouvelles approches de l'impression 3D et de la nano-impression ont présenté de potentielles avancées en matière de santé, d'électroniques et de produits grand public.

L’imitation des matériaux naturels était toujours le thème de la dernière présentation plénière, animée par le professeur André Studart de l’ETH Zurich. Cherchant à permettre aux matériaux artificiels de reproduire les propriétés intéressantes de composites naturels tels que fibres végétales, nacre, os ou dents, le Professeur Studart a présenté de nouvelles techniques de production basées sur la fabrication additive, qui ouvrent la voie à tout un éventail de matériaux composites alliant des propriétés fonctionnelles telles que solidité et faible densité ou rigidité et résistance à l'usure.

Avant la clôture de l’événement, Adrian von Mühlenen de BASF a fait part des résultats de l’atelier Think Cell, une activité qui s’est déroulée en parallèle de la conférence scientifique. Une équipe de scientifiques BASF et d’architectes OMA y ont collaboré pour imaginer des concepts tels que matériaux de construction auto-croissants, espaces publics innovants réagissant à l'activité, et fondations flottantes pour construire sur l'eau.

Le Dr Martin Brudermüller a clos l’événement en remerciant les participants pour leur présence, et en soulignant encore une fois le désir de BASF de contribuer à des villes meilleures grâce à un modèle de coopération et de co-création entre universitaires, entreprises et société civile.

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il y a 5 mois

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  • Je suis ravie de constater qu'enfin on ne raisonne plus uniquement en prenant en compte son propre domaine compétences, mais de manière plus large. L'innovation, la recherche et le dépassement des connaissances par une perpétuelle remise en question est essentielle pour permettre d'avancer.